Between rounds, Thomas Eakins

Between rounds, Thomas Eakins

 

C’est à dire qu’avant j’étais bien.

Je me souviens, la chose la plus triste et qui me faisait pleurer parfois, c’était de ne pas trouver l’amour.
Je sais, je sais, ce n’est pas en se lamentant qu’on fera venir l’être aimé. Mais croyez-moi, j’ai tenté ma chance un million de fois. Et à chaque fois, je me suis faite refoulée.
Au niveau confiance en soi donc il y a mieux.
Et pire, cela donne lieu à un étrange regard sur soi : je me trouve jolie, mais pourquoi pas les autres ?
Cela vient sûrement de mon caractère : timide, pas extravertie comme toutes ces filles super jolies et bien foutues. Ajouter à cela un sens de l’humour au second degré (que ces messieurs aux rires gras ne comprenaient pas trop) et vous voilà parée pour 3 ans de célibat ininterrompu.
C’est un fait : je n’intéresse personne. En soirée, ce sont toujours les plus moches qui me draguent (sauf une fois, quand on m’a dit que je ressemblais à Bérénice Bejo, l’actrice dans The Artist), et c’est toujours vers mes amies qu’on se tourne plutôt que sur moi. Je n’y vois bien évidemment aucune explication, si ce n’est que l’homme est bête, très bête et qu’il préfère une liane d’1m70 plutôt qu’une naine d’1m60 avec un gros cul. C’est compréhensible.
Vous me direz, c’est un peu mal barré pour moi sachant que les hommes que je préfère sont ceux étant timides. Un peu sur la réserve, avec un bon sens de l’humour ; pas ceux qui savent qu’ils sont beaux et intéressants et blablabla. Donc les hommes timides. Pas trop sûrs d’eux. Ceux qui te regardent et détournent le regard directement.
C’est con je n’en ai rencontré qu’un depuis tout ce temps, et encore, c’était même pas en soirée. Ça fait deux ans et demi que nous sommes ensemble et il veut me larguer depuis le « et demi ».

J’ai toujours été une grande lectrice à tendance je dévore les livres.
Seulement je ne m’étais pas imaginée une seule seconde que durant deux ans et demi, j’allais vivre comme dans Romeo et Juliette – que je n’ai pas lu, peut-être est-ce ma punition divine pour ne pas avoir lu ce grand classique.
À base de coups de pute de mes parents, de passion avec mon mec, de déchirements, de rabibochage, bref : pourquoi ça m’est tombé dessus ? Surtout pour une vraie première histoire d’amour. Je ne pouvais pas faire mieux pour être dégoûtée à jamais.

Donc, avant j’étais bien. J’étais bien parce que pas de pression amoureuse, pas de comptes à rendre, pas d’engueulades avec mes parents, pas d’engueulades avec mon mec, rien.
Mais rien, justement. Rien. Et pour ce rien j’étais malheureuse. Malheureuse comme un pou.

Avant, je n’étais attachée à personne. Personne en dehors de mon cocon familial, du moins. J’avais des amis, mais l’attachement qu’on a envers un ami et envers un amoureux est totalement différent, vous me le concéderez.
Or, depuis lors, je suis attachée à quelqu’un. J’ai appris à vivre avec lui, en fonction de lui aussi parfois, j’ai appris ses habitudes, j’ai appris mes habitudes avec lui, je me suis découverte être une nouvelle personne.

Oh, comme j’ai été heureuse.

Je vous embrasse.

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A propos takeaprettywalk

"Observer la rue, de temps en temps, peut être avec un souci un peu systématique. S'appliquer. Prendre son temps... Noter ce que l'on voit. Ce qui se passe de notable. Sait on voir ce qui est notable ? Y a-t-il quelque chose qui nous frappe ? Rien ne nous frappe. Nous ne savons pas voir. Il faut y aller plus doucement, presque bêtement. Se forcer à écrire ce qui n'a pas d'intérêt, ce qui est le plus évident, le plus commun, le plus terne...[...] Continuer jusqu'à ce que le lieu devienne improbable, jusqu'à ressentir, pendant un très bref instant, l'impression d'être dans une ville étrangère, ou mieux encore, jusqu'à ne plus comprendre ce qui se passe ou ce qui ne se passe pas, que le lieu tout entier devienne étranger, que l'on ne sache même plus que ça s'appelle une ville, une rue, des immeubles, des trottoirs."
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